TTI Success Insights, leader mondial de l’évaluation RH, place résolument l’innovation au cœur de sa croissance. L’ a démontré en 2015 qu’il était possible d’améliorer la performance de ses recrutements en prenant en compte l’intelligence émotionnelle des candidats.

Plus que jamais, le recrutement s’impose comme le facteur clé de succès d’une . Il est devenu primordial d’identifier, attirer et fidéliser les talents, de développer la motivation et l’engagement des collaborateurs, de développer les compétences et l’employabilité, d’optimiser la performance par l’affectation efficace des ressources, de définir le bon profil de poste. Notre intelligence émotionnelle est donc passée au crible.

Lorsque nous sommes en recherche d’emploi, la première chose à laquelle nous nous attachons c’est de créer un CV qui retiendra l’attention rapidement (15 secondes en moyenne passés par un recruteur en 1ère lecture) et une lettre de motivation obligatoire mais que hélas personne, ou très peu, ne lira. L’angoisse permanente d’être dans le “ton” afin de décrocher le précieux sésame: un rendez vous avec un recruteur ou une entreprise en direct (double sésame très rare). Si vous êtes demandeur d’emploi, ne vous privez pas d’utiliser www.addiviseo.com, c’est gratuit et efficace. Pour ceux qui sont en poste, je trouve très intéressant cet article : http://explorajob.fr/cv-emploi/comment-rediger-un-bon-cv/

Lorsque notre CV a retenu l’attention, une 2ème angoisse vient supplanter la première : la préparation du rendez vous. Oui, il faut préparer notre rendez vous et, il ne faut rien négliger: CV en double ou en triple, résultats, fiches de paies, valorisations, recommandations, organisation, renseignements sur l’entreprise (voire sur les dirigeants), projection dans le poste et maintenant soigner sa e-réputation car, vous le savez, elle est le premier rempart identifié par les recruteurs dorénavant.

Le rendez vous est enfin arrivé, notre est dossier préparé, nos habits sont soignés et appartiennent au domaine pour lequel nous postulons (j’imagine que certains métiers n’ont pas de code vestimentaire mais, pour ma part, je n’ai connu que le fameux costume-cravate de rigueur). Nous arrivons dans l’entreprise ou dans le cabinet de recrutement qui nous a sélectionné et, celui qui va nous recevoir va, en partie vérifier nos compétences mais surtout, tester nos émotions et notre savoir être. Ne négligez surtout pas cette partie cachée de l’entretien car elle est le facteur clé de la décision.

1. La présentation

Comme vous le savez, on a pas 2 fois l’occasion de faire bonne impression, il faut donc que le premier contact puisse retranscrire toute la sincérité et la motivation que nous portons en nous pour rejoindre ce poste convoité. Et pour cela pas d’autre choix que de faire ressortir l’empathie de celui qui va nous recevoir: nous attendons l’arrivée du recruteur, le visage impassible, le yeux fixes, notre dossier sur les genoux, notre manteau enlevé (nous ne sommes pas pressé de partir) et, dès lors que nous sommes en face de notre interlocuteur l’analyse de notre comportement commence. Levez vous, fixez son regard et lorsqu’il a toute votre attention et qu’il s’est présenté, adressez lui lui votre plus sincère sourire, main tendue avec un “bonjour M. X”, ferme dans le sens déterminé et surtout très avenant. Vous êtes heureux d’être là, donc rien ne sert de le cacher, transmettez cette énergie positive qui brisera la glace et vous décontractera tous les deux.

2. L’explication de votre parcours

Je n’ai jamais réalisé d’entretien d’embauche sans que le recruteur me demande mon parcours, et c’est bien normal. Non pas qu’il ait besoin que vous lui lisiez votre CV qu’il a déjà, cette fois ci, étudié de nombreuses fois (sinon il ne vous aurait pas convoqué), ni même pour voir si il correspond à la réalité, mais bien pour vous entendre parler. Qu’est ce qu’il attend ? identifier et associer chacune de vos émotions à vos différentes expériences. Ces émotions que volontairement vous laissez transparaitre, mais aussi celles que vous essayez de cacher à travers des gestes involontaires que votre corps transmet (“C’était une expérience douloureuse ?” “Non, non” réponds le candidat rougissant en se grattant l’oreille). Le recruteur n’est pas dupe, il sait bien que vous n’êtes pas parfait et apprenez à ne pas vouloir l’être car la perfection n’existe pas. Transmettez vos émotions, elles sont sincères, elles donneront du poids à votre argumentation et aideront le recruteur à comprendre votre parcours.

L’environnement de votre interlocuteur : si celui ci vous reçoit dans son bureau, observez attentivement le décor qui recèle autant d’indices qui en dit long sur votre interlocuteur et sur son canal de communication (lire “comment leur dire …” de Gérard Collignon, reprise de la Process Com de Taïbi Kahler). Si tout est bien rangé et sans signe distinctif, il préfèrera certainement que vous ayez une communication ponctuée de faits, par ordre chronologique, avec une méthode hiérarchisée. Si ses murs affichent des photos de famille, d’amis, d’évènements avec collègues, il est possible qu’il s’attache à une communication chaleureuse, votre relation aux autres, une interaction décontractée entre vous deux pour mieux échanger. Attention, si le canal de communication peut être différent, les faits et votre parcours doivent être identiques et réels, seule la forme sera différente. Il ne s’agit pas de mentir ni de manipuler.

Notre formation: Elle est souvent difficile à expliquer et on la néglige pourtant, c’est elle qui a déclenché notre parcours professionnel. Ce qu’attend le recruteur ? Connaitre la motivation qui a déclenché ce parcours, si c’est une aspiration première, un regret, une réussite… Pour illustrer je voudrais prendre mon exemple: je suis directeur commercial et j’ai commencé une formation de biochimiste. Je voulais être chercheur au CNRS mais suite à un accident de la vie, j’ai du stoppé mes études pour aider ma mère financièrement. Et c’est en regardant une petite annonce passée sur Canal + présentée par Martine Mauléon que j’ai débuté ma carrière professionnelle dans la vente. Cette explication est nécessaire pour donner un premier indice à mon interlocuteur: je n’ai pas peur du changement et cela se vérifiera dans la suite de mon parcours.

N’ayez pas peur non plus d’être précis dans les émotions ressenties à travers un vocabulaire diversifié: “J’étais très enthousiaste d’appartenir à l’élite HEC mais après une année trop théorique, j’ai compris que j’adhérais plutôt à l’envie de découvrir des cultures différentes, j’ai donc abandonné volontairement pour faire le tour du monde pendant 1 an”.

Notre parcours professionnel:  Court ou long, quoiqu’il en soit, nous en avons forcément retiré du positif et, de nos échecs, une expérience. Notre interlocuteur souhaite des exemples précis qui illustrent nos propos et démontrent que nous avons su utiliser au mieux notre intelligence émotionnelle pour réagir au mieux à la situation (“Ce collaborateur était une compétence clé au sein de l’entreprise mais il ne souhaitait pas faire évoluer ses méthodes de management qui devenaient anxiogènes… Je me suis beaucoup interressé à lui, … il avait peur de ne pas être à la hauteur … je l’ai rassuréformé aux techniques de communication, accompagné pour lui redonner confiance, … lorsque j’ai quitté l’entreprise, il a reprit mon poste“)

Si votre parcours est court car vous débutez, votre force c’est l’envie de découvrir ce monde dont vous êtes vierge et sans à priori (“je veux participer à un projet, réfléchir à une organisation, aider à atteindre un objectif, que l’on compte sur moi”).

Si votre parcours ne représente que des périodes courtes, votre force c’est la diversité, vous avez su testé vos capacités (“J’ai multiplié les CDD pour découvrir différentes entreprises, différentes organisations, différentes valeurs, je connais mes lacunes à travers mon expérience au sein de l’entreprise X mais je sais surtout que je peux apporter la réussite que j’ai connu au sein de l’entreprise Y”).

Si votre parcours est long, votre force c’est l’expérience et la loyauté, vous connaissez très bien le monde de l’entreprise car vous l’avez vu évoluer (“J’ai accompagné pendant 15 ans cette entreprise, je l’ai vu débuter, puis grandir, puis évoluer avec les nouvelles règlementations. Je connais parfaitement l’accompagnement au changement car je l’ai vécu X fois, je l’ai utilisé Y fois, et toujours avec autant de réussite qui sont …”).

3. La présentation du poste et de l’entreprise

Là c’est au tour du recruteur de parler, il va vous présenter le poste et l’entreprise qui sera interressé par votre candidature. Je ne saurais que trop vous conseiller d’écouter et noter par écrit (en même temps que le recruteur parle) le maximum d’éléments car tous les détails qui vous permettent de montrer que votre expérience sera utile au poste vous serons donnés.

“Nous avons besoin d’apprendre la prospection à nos commerciaux qui sont depuis toujours sur un marché captif”, cette phrase n’est pas anodine car elle peut être associée à votre expérience: “J’ai été commercial pendant 10 ans, puis manager de proximité auprès de commerciaux, j’ai créé un module de prospection et j’ai passé les 5 dernières années à accompagner le changement dans 2 entreprises différentes”

Vous connaissez vos forces et vos faiblesses, associées les aux exigences du poste énoncé. Vos points forts existent et doivent être mis en avant pour que le recruteur reconnaisse en vous le candidat de la situation. Vos points à améliorer doivent aussi être connus car ils ne vous ont jamais pénalisés sur vos expériences passées, alors ce n’est pas une question piège si vous êtes sincère.

Et, pour clôturer ce chapitre, n’hésitez pas à poser le maximum de questions nécessaires à la compréhension du poste, ce qui accentuera votre intérêt pour la mission et l’entreprise aux yeux de votre recruteur. La curiosité fait partie de l’intelligence émotionnelle, je vous propose donc de préparer au moins 10 questions à l’avance, qui démontreront votre curiosité seulement si elle est sincère, donc votre envie d’intégrer l’entreprise (“Quels sont les outils marketing mis à disposition ?”, “J’ai lu qu’une fusion venait d’être terminée, y en a t il d’autres de prévues ?”, “La nouvelle loi X risque de mettre l’entreprise en difficulté sur son marché d’ici 3 ans, comment s’y prépare t elle ?”…etc)

4. Les questions pièges 

Elles peuvent être anxiogènes si on les considère comme telles, alors qu’elles peuvent être un allié précieux si vous êtes conscient de votre intelligence émotionnelle donc de vous même. Vous serez en confiance donc pas déstabilisé, vous saurez dire “non” et dans un état d’esprit positif. Pour ceux qui souhaitent des exemples, il existe un très bon article sur ce sujet http://www.journaldunet.com/management/emploi-cadres/questions-pieges-en-entretien-d-embauche/description-en-un-mot.shtml

5. La conclusion

N’hésitez pas, lors de la prise de congés, à demander une analyse de votre entretien: “A votre avis, mon profil correspond à l’entreprise ?” et si vous ressentez une réticence “Si l’entreprise ne devait pas retenir ma candidature, qu’elles en seraient les raisons ?”. La majorité des recruteurs vous donneront une indication et apprécieront que vous vous intéressiez à leur ressenti.

Vous aurez ensuite une indication sur la suite du process et une date butoir vers laquelle, le recruteur vous recontactera. Si la fin d’entretien et le débriefing ont été plutôt favorable et positif (“Je ne devrais pas rencontrer d’autres candidats”, “Il y a des chances qu’on se revoit”), n’hésitez pas à vous projeter dans le poste en commençant à travailler un sujet énoncé dans l’entretien qui parait urgent et de votre ressort, et d’appeler votre interlocuteur n+1 (après l’avoir rencontré en entretien), en lui proposant les pistes travaillées.

6. Ma pensée 

N’oubliez par que lorsque nous sommes présent à un entretien d’embauche c’est que nous avons déjà séduit sur le papier, le recruteur attend juste une confirmation de notre candidature à travers un non-verbal qui sera en corrélation avec notre CV. Notre capacité à conforter ce recruteur dans nos compétences passe par l’utilisation de notre intelligence émotionnelle.

Max Buffet

Max BuffetMax Buffet est Development Manager, conférencier, adepte du développement personnel.

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